2015 Sarlat

Notre dernier rassemblement VCF s'est tenu du 12 au 14 juin 2015 à Sarlat.

Cette  aventure a commencé pour moi, Michèle, il y a pratiquement un an. L’été 2014, lorsque j’étais dans le Lot en famille, et bien sûr de passage avec mon RV8 à l’aérodrome de Sarlat-Domme, j’explique à Patrice, président de l’aéroclub du Sarladais ACS, ce qu’il en est du VCF et sa tradition d’organiser un rassemblement une fois par an, le prochain devant être le 11ème. Donc serait-il envisageable de le faire à Sarlat ? Après avoir cerné l’étendue du rassemblement Patrice m’a très gentiment dit que ce serait pour lui et pour l’ACS un grand plaisir. Sur ce je me suis rapprochée des instances dirigeantes du VCF, notamment Alain notre trésorier et organisateur par excellence, et Philippe, notre président. Ils m’ont de suite donné leur accord de principe. Un certain nombre d’échanges courriel plus tard, renseignements pris par rapport aux infrastructures – hôtels, restaurants, logistiques, possibilités de l’ACS… et le temps s’étant écoulé, nous voilà en avril – Alain, Jean-Marc, et moi-même sommes venus à Sarlat voir sur place ce qu’il en était et discuter avec Patrice, Jean-François et autres membres de l’ACS pour finaliser des points de détails et prendre des engagements fermes, notamment : les repas à l’ACS ce que nous appelons notre diner de gala le samedi soir à la Villa Romain, le mouvement des avions et la logistique.

Avant de continuer mon récit, un petit mot sur le Van’s Club de France VCF, l’amicale de constructeurs et pilotes de RV Van’s Aircraft, du RV3 au RV14. Fondé en 2004 le VCF a organisé un rassemblement tous les ans, sauf en 2008, un peu partout en France : Bordeaux Saucats, La Baule, Colmar, Nuits St. Georges deux fois sans doute à cause du bon vin et le dynamisme de Thierry B., constructeur propriétaire d’un RV8 et viticulteur dans le secteur, Moulins, St. Brieuc, Vannes, Amboise et le dernier le week-end du 13 juin à Sarlat-Domme. La communauté Van’s en France compte aujourd’hui environ 65 avions en vol plus environ 110 avions en construction, du monoplace RV3 jusqu’au quadriplaces RV10 et un RV12 classé LSA aux USA. Au travers le monde pratiquement 9000 avions RV ont volé ou volent encore - un phénomène inégalé dans le monde de la construction amateur.

Cette  Mais je reviens à notre rassemblement à Sarlat. Patrice, Jean-François et Alain ont rapidement défini les choix de restauration, logistique, cadeaux, car nous offrons un cadeau à chaque équipage, notre façon de les choyer… Suite à cette rencontre, le VCF a dès avril lancé par email et via son site l’info quant au rassemblement. Les enregistrements n’ont pas tardé. Nous devions initialement compter sur la présence d’environ 50 à 60 avions, voire plus, d’autres devaient venir en voiture ce qui faisait jusqu’à 100 personnes, dont les arrivées devaient s’échelonner sur vendredi et samedi, ceci avec une participation anglaise importante comme d’hab - ils aiment venir nous côtoyer et déguster notre restauration, mais l’éloignement de Sarlat par rapport à l’Angleterre laissait planer un doute. Au fil du temps notre crainte sur l’absence d’Anglais s’est confirmée, un peu loin pour eux. Alors qu’habituellement nous comptons sur une vingtaine d’avions britanniques, seuls cinq ont prévu venir nous voir, plus un Irlandais. Donc de 50 à 60 nous sommes descendus à 35 avions enregistrés ce qui se traduisait par environ 60 personnes sur trois jours, la majorité samedi.

Le jeudi 11 juin, date du début des préparatifs du rassemblement, est vite arrivé. Jean-Marc, présent depuis le mercredi 10 juin avec son RV4, attendait les organisateurs de pied ferme : le jeudi après-midi Michèle, Alain et Philippe, ayant fait le trajet en voiture cause météo, se sont retrouvés à l’aéroclub puis ont rencontré à Patrice, Jean-François et Gérard pour lancer la chose. Très rapidement la météo exécrable annoncée jetait une ombre à l’horizon. Ça n’a pas loupé, il s’en est suivi une palanquée d’annulation mais certains sont quand même venu en voiture et d’autres ont bravé les intempéries ou ont tout simplement eu la chance de passer entre deux grains. Vendredi et samedi ne s’annonçait pas trop mauvais par contre pour le retour dimanche ou lundi, aille.

Nous avons donc assez rapidement dû revoir nos prévisions de la participation à la baisse et prévenir tous ceux qui étaient concernés. Alors que nous aurions dû être entre 70 et 100 personnes, nous devions être qu’environ 50 sur trois jours. Quant aux nombre d’avions… Seuls une dizaine de pilotes se sont rendus à Sarlat. Sept RVs, un Sting, un Ménestrel et un TB20 – en ce qui concerne le TB20, nous verrons plus tard que la mauvaise météo ne les a pas gêné, IFR oblige. D’un point de vue organisationnel, Alain, Marie-Pierre et Sylviane, installés à leur table d’enregistrement, étaient parés pour faire face à la multitude de participants que nous aurions pu envisager.

Enfin, un premier avion s’annonce à la radio, nous pensons que c’est pour le rassemblement. Effectivement, Sylvain, provenant de la région de Moulins, arrive, son épouse en place gauche, avec son ULM Sting racé aux bonnes performances, un splendide exemple de ce à quoi le haut de gamme ULM peut ressembler : croisière 220-240 km/hr, train semi rentrant, hélice pas variable... En ce qui concerne le vol, pas de soucis particuliers, apparemment lors de son créneau de vol la météo s’est montrée clémente alors que nous verrons que par la suite les choses se sont corsées. Un premier avion étant arrivé il suffisait alors d'en attendre d'autres.

Après cette première arrivée, nous pouvions espérer que le tarmac commence à se remplir mais nous étions inquiets car la météo s’annonçait mauvaise, il n’y a qu’à voir les nuages bas dans les photos – plafond suffisant mais pas rassurant s’il s’agit de faire un périple important. Assez rapidement un deuxième avion s’est annoncé, cette fois au vu de son profil lors de la verticale terrain, il s’agissait bien d’un RV. Avec celui de Jean-Marc, cela fera deux RV. Tous les espoirs sont permis, il en viendra d’autres. Il s’agissait de Pascal et son épouse en RV7A (le A signifie que c’est un tricycle) en provenance de Nangis. Ils devaient passer une partie de l’après-midi avec nous puis par la suite ils devaient se rendre à St. Yann puis retour chez eux le lendemain mais la météo ne sera pas au RDV, on apprendra plus tard qu’ils ont dû partir de St. Yann samedi sur Nangis car dimanche s'annonçait mauvais. Donc vent arrière puis posé, direction la station Total pour faire le plein avant de se rendre au parking à côté du Sting.

Le RV4 de Jean-Marc arrivé mercredi ayant été sorti du hangar pour la forme notre rassemblement comptait alors trois avions. Certes pas beaucoup mais nous en étions qu’au début de l’après-midi. Pas de répit, un autre RV fait une verticale terrain. A l’entendre à la radio, c’était un Anglais. Au posé, non, ce n’était pas un Anglais, mais un Irlandais. Et parmi les six participants enregistrés du nord de la Manche, les seuls ayant fait le voyage étaient les Irlandais. Tous les Anglais ont annulé, météo trop mauvaise. Ceci dit, des français faisant quelques kms ont annulés alors que nos deux vaillants Irlandais ont fait plus de 1000 kms en RV7 vendredi bravant cunimbs, grisaille, stratus… pour rencontrer les Frenchies amateurs de RV. Ils nous ont raconté leur périple, notamment l’arrivée sur Dinard en VFR plus que spéciale, d'après ce qu'ils nous ont dit c'était un peu limite quand même. Mais bon, ils étaient parmi nous et nous étions heureux de les rencontrer.

Arrivés à l’ACS nos Irlandais Andrew et Stephen, parlant à peine quelques mots de français, ont fait l’objet de toutes nos attentions. Nous étions une dizaine sur place, agglutinés autour de nos valeureux voyageurs, ne leur laissant à peine la place pour descendre de leur avion et se dégourdir les jambes. Les préliminaires derrières nous, enregistrement, récit du voyage, au surprise, ils nous ont confirmé qu’ils tenaient à camper sous leur tente sur le terrain, ceci malgré les cunimb qui se préparaient incessamment à déverser leur trop plein. Un peu spécial comme choix, mais il me semble que les Irlandais se sont très bien adaptés à la pluie – pas étonnant que leur couleur nationale soit le vert. Très sympas les deux, le soir lors du diner nous les avons placés entre participants qui parlaient Anglais, et il y en avait car dans le groupe, certains étaient pilotes professionnels actifs ou à la retraite, donc avec une connaissance de l’Anglais suffisante pour converser, d’autres un peu polyglotte et tous partageants cette passion pour l’aviation, donc aucun problème de communication. Pas de temps mort.

Puis ce fut le tour de Christophe B. avec son Ménestrel côte-côte absolument splendide. Il arrive sur Sarlat-Domme, plus qu'à quelques nautiques du tour de piste et puis non, impossible d’approcher le terrain, une violente averse déferlait son trop plein sur l’aérodrome, donc obligé de se dérouter sur Brives. Excellent décision, se dérouter en cas de mauvais temps est la chose à faire car les statistiques montrent que le syndrome ‘il faut que j’arrive, coûte que coûte’, finit souvent par coûter très cher. La chance à voulu qu’à peu près à ce moment-là un de nos participants était sur l’autoroute pas loin de Brives. Nous avons réussi à le contacter donc déroutement automobile sur Brives, récupération de Sylvain et madame, et en route pour Sarlat-Domme. Le Ménestrel étant un peu seul, un pilote de l’ACS s’est proposé le lendemain samedi d’emmener Sylvain à Brives pour qu’il récupère son avion et le ramène à Sarlat-Domme. Puis plus aucun avion n’est arrivé vendredi, le bilan de la journée étant un Sting, deux RV et un Ménestrel à Brives, pas terrible la récolte alors que nous en attendions environ 20. Par contre les annulations ont commencé à pleuvoir ainsi que les no-show, nombreux sont ceux qui ont annulé leur voyage sans nous prévenir. Dommage, ce manque de courtoisie terni un peu la jouissance de l’événement.

Le soir est vite arrivé avec un peu de pluie juste avant le coucher du soleil ce qui nous a valu un magnifique arc-en-ciel. A vos appareils photo, je pense que l’arc-en-ciel et le couché de soleil ont été photographiés des dizaines de fois. Etant nombreux à regarder le spectacle, peut-être que Gérard s’est senti inspiré, quoiqu’il en soit, il nous a initié au chant du club – nous avons découvert le chant concernant les chaussettes du grand manitou. Véronique et Daisy nous ont bien sûr accompagné avec un petit pas de deux synchro.

Vendredi soir nous étions quand même une vingtaine plus quelques-uns de l’ACS, l’ambiance était bien au RDV. Les Irlandais étant bien calés entre des anglophones afin qu’ils s’intègrent dans le brouhaha général. Bons consommateurs de bière et de gastronomie française, ils n’ont pas tardé à faire corps avec le reste de la table. Le diner fort agréable grâce à l’imagination de Jean-François, il nous a fait un apéro maison, avec de la noix et du vin, délicieux, et du rôti de porc accompagné de petits poids avec des petits bouts d’asperges – très réussi comme combinaison. Un plateau de fromage – la France regorge de possibilités dans ce domaine, puis le dessert des tartes aux poires et autres fruits tout à fait traditionnels mais de qualité, ont parachevé ce diner. L’ambiance est vite montée en puissance, après la tension occasionnée par la météo, c’était un moment de relâche, de convivialité et surtout la possibilité de prendre son temps pour se retrouver et renforcer les liens qui nous unissent.

Le lendemain samedi nous nous sommes retrouvés à 10h00 à l’aéroclub. Sylviane et Marie-Pierre fidèles au poste se sont installées à la table des enregistrements qui de surcroit servait comme point de RDV, d’accueil, une fonction éminemment sociale. Elles étaient accompagnée d’Alain qui notait sur son fichier Excel les arrivées, repas, annulation ceci afin de pouvoir informer Jean-François sur le nombre de convives pour le repas de samedi midi, informer la Villa Romaine quant au nombre, nous devions être environ 40, et définir le nombre pour le repas du dimanche midi


Premier ordre du jour samedi matin : récupérer le Ménestrel de Christophe B. qui se trouvait à Brives. Nous aurions pu y aller en voiture, deux heures d’aller et retour, mais ceci n’aurait pas été digne d’aviateurs que nous sommes. Patrice a gentiment proposé que Sylvain profite du DR300 de l’aéroclub. Sur ce deux pilotes de l’ACS, Gérard L. et Jean-François V. se sont portés volontaires et ont fait le saut de puce Sarlat-Domme Brives sous un ciel bas et menaçant mais parfaitement VFR, bien au-delà des minima. Donc retour des DR300 et Ménestrel au bercail, notre rassemblement comptait alors le nombre extraordinaire de cinq avions dont trois RV. Compte tenu de la météo, lorsqu’on se remémore Mendes, ce n’était pas si mal que ça.


Dans la matinée quatre autres participants au rassemblement sont arrivés en RV, Jean M. en RV8 de Roanne, Christian R. en RV8 de son terrain en Bretagne, Bernard B. en RV6A et Cyril B. en RV7A de la région parisienne. Enfin une petite brochette de RV à présenter à nos hôtes très intéressés par nos belles machines. L’ambiance est rapidement montée en puissance car chacun avait un récit unique quant à sa traversée d’une bonne partie de la France. Tous nos aviateurs ont dû gérer une météo assez forte, plafonds bas, cunimbs… et une fois arrivé le risque de grosses rafales et de grêle – d’ailleurs Jean-François L., constructeur de RV10, a dû partir précipitamment car son exploitation agricole a été touchée par de la grêle. Heureusement qu’il y avait de la place dans les hangars. N’étant pas trop nombreux nous avons pu tous les caser pour la nuit, un de plus et il aurait couché dehors. Merci l’ACS, ça plus tout le reste c’est de l’hospitalité.

Un Ménestrel et quatre RV plus tard, l’heure de l’apéro sonne. Entre temps Lucien R., notre premier président du VCF est arrivé. Ce fut pour nous une surprise car il nous avait dit devoir s’occuper d’amis américains qui devaient lui rendre visite ce week-end mais le hasard a voulu qu’ils se retrouvent à Sarlat donc un petit saut sur Domme et le voilà parmi nous. J’en ai profité pour lui présenter Jean P., pilier de l’ACS et ancien pilote de chasse de la deuxième guerre mondiale. Lucien étant également un ex pilote de chasse, ils devaient avoir beaucoup de choses à se raconter. Je les ai donc laissés entre eux puis suis allé rencontrer les autres dehors pour l’apéro - il faisait beau, le vin aux noix de Jean-François délicieux, une bonne ambiance.

Heureusement le temps au-dessus de l’aérodrome était au beau fixe comme l’était l’ambiance à en juger par la joie de vivre qu’exprimait Gérard, Jean-François et Patrice. Nous étions alors environ 35, la plupart d’entre nous étaient de vieilles connaissances mais il y avait également quelques nouveaux, jeunes de surcroit, comme quoi la construction de RV n’est pas réservée aux retraités. La possibilité de construire partant d'un Quick Build en est certainement pour quelque chose. L’apéro ayant fait son œuvre nous nous sommes mis à table sous les bons offices de Jean-François une fois de plus. Et là il nous a gratifié de carottes râpées aux agrumes en entrée, de cuisses de canard confites passées au grill pour leur donner ce petit plus de saveur accompagnée de sa recette magique petit poids aux asperges, enfin le plateau de fromage avec du Rocamadour fromage local oblige – un régale et le gâteau aux noix décoré du logo du Van’s Club de France – quel savoir vivre.

Samedi après-midi un seul avion, tous ceux qui devaient venir sont arrivés le matin, les autres ayant annulé, Bernard W. ayant fait le voyage grâce à l’IFR. Voyage depuis la région parisienne en IFR puis passage en VFR pour l’approche et atterro à Sarlat. Facile avec un TB20 correctement équipé piloté par un FI-FE (examinateur d’inspecteur, donc en plus de la qualif IFR, quelqu’un hautement qualifié qui pour son jeune âge, 24 ans, impressionne. La relève est donc bien présente). Nous avons un autre jeune qui impressionne, notre star Bastien L. qui a construit un magnifique RV8 aux performances impressionnante et qui, ayant terminé ses études d’ingénieur, s’est fait embaucher en Allemagne chez un constructeur d’avions de voltige. Son job est simple – améliorer les avions puis faire de la voltige avec pour bien sentir, comprendre ce qu’il en est. Il a gravi en peu de temps un nombre important d’échelons dans le petit monde de la voltige, à un point tel qu’il est envisageable de le retrouver cette année membre de l’équipe de France. Ce n’est pas encore fait mais tous les espoirs sont permis. Bien qu’il n’ait pas pu venir nous voir cause autres obligations, sa maman Véronique était bien présente et bien que non pilote, elle en sait assez sur les avions pour participer activement dans nos discussion, puis nous verrons qu’elle est dotée de talents d’animatrice. Nous verrons que Daisy, l’épouse d’Alain V. S., sous ce point de vue n’était pas en reste.

A 16h30 sonnant, je fais le tour de l’aéroclub et sonne l’appel pour que nous nous rendions à notre Assemblée Générale qui devait se tenir dans les bureaux de l’ACS. Evidemment, ce fut un peu difficile de les arracher de ce qu’ils faisaient car chacun était parti dans des discussion sur la construction, sur le pilotage, sur les vols effectués, sur les pour et les contres de telle ou telle option… Mais vers 16h45, avec l’aide d’Alain et Philippe nous avons réussi à rassembler notre petit cheptel dans la salle de réunion de l’ACS. Je vous épargne les détails de ce qui s’est dit – ce fut comme d’hab l’occasion de faire le point sur l’évolution du Van’s Club, 11 ans depuis sa création, et Lucien était là, notre premier président, ainsi que moi-même comme deuxième. Avec Alain et Jean-Marc nous étions quatre membres fondateurs présents, ce qui a permis d’assurer une certaine pérennité. Vers 18h00 fin de l’AG, retour sur le tarmac, faut rentrer tous les avions car nous devions prochainement partir vers la Villa Romaine, notre diner de gala nous attendait.

Vers 20h00 embarquement pour La Villa Romaine où nous devions profiter d’un cadre superbe et d’un diner gastronomique. Puisque nous étions relativement peu nombreux et beaucoup d’entre nous motorisés terrestres, nous avons annulé les minibus et bus puis embarqué l‘ensemble dans une dizaine de voitures – vers 20h10 le convoi se met en marche, destination Carsac-Aillac, une trentaine de km donc environ une demie heure de route. Une fois arrivés, des ouh ! et des haa ! de par la beauté du site – les bâtiments très esthétiquement mis en valeur, un jardin fleuri parfaitement entretenu, et des hôtes très attentifs de nous rendre un service impeccable. Avant de nous mettre à table : l’apéro. Ceci nous a permis de parler chacun un peu avec tout le monde, un moment de détente fort agréable. Vers 21h30 nous nous sommes assis un peu selon les affinités des uns et des autres, pour moi-même j’ai choisi une table de nouveaux question de faire connaissance, notamment : Sylvain A. et madame, Féliz (désolée si je massacre l’orthographe de son prénom) et madame, Christophe  et madame, Alain V.S. et Daisy, Jean M. et moi-même (mes excuses si je ne me souviens pas des prénoms des épouses/compagnes). Le cadre était somptueux, et nous avons correctement mangé puis ce fut la distribution de prix. Comme d’hab, Van’s Aircraft nous a envoyé un lot de goodies qui ont servi de prix, principalement des casquettes et T-shirts. Les Irlandais ont bien sûr eu le prix de ceux ayant fait le trajet le plus long. Jean-Marc a eu le prix du premier arrivé. Bertrand B. a eu le prix de l’avion le plus beau, Patrice le prix de l’hôte très accueillant et chaleureux, Jean-François le prix du cuistot – sans lui pas de rassemblement, Christophe avec son Ménestrel je ne sais quel prix en tous les cas il est parti avec un beau T-Shirt, Feliz le prix du jeune espoir, et il y en a eu d’autres. L’octroi de ces prix était évidemment accompagné de forts applaudissements. Après un petit discours pour remercier nos hôtes de l’ACS et les participants, nous sommes rentrés respectivement dans nos hôtels, foyers, camping, la tente pour les Irlandais. Une journée bien remplie.

Dimanche branlebas le combat. Le rassemblement arrivant à terme : les départs. Le matin après le petit dèj chacun dans son hôtel, nous nous sommes retrouvés une vingtaine vers 11h00 à l’aéroclub, là tous se posaient la question ‘que donne la météo’ car six avions avaient passé la nuit et devait impérativement rentrer chez eux. Petit problème, au lever du jour jusqu’à ce que nous soyons arrivés à l’aéroclub, les nuages étaient accrochés au relief donc hors de question de partir. Nous avons même eu ce qui ressemblait fort à une entrée maritime, en quelques minutes, le terrain a été envahi par la brume, nous l’avons vu monter de la vallée inexorablement, sauf que la mer est un peu loin. Mais elle a finalement disparue sauf que le plafond semblait très bas, voire 200 pieds ? Impossible sous ces conditions de partir. Mais Bernard B. à déblayé le terrain. Avec son TB20 IFR il prit la décision de partir, il semblait qu’il y avait quand même les 500 pieds et 1,5 km de visi minima cependant difficile à confirmer. Son idée était de décoller en VFR et tout de suite après passer en IFR. Les veinards, alors que nous étions tous cloués au sol, ils sont calmement montés dans leur avion, mis en route, puis taxi vers le point d’arrêt 28, l’achevé puis c’est parti : décollage en VFR puis de suite passage en IFR. Nous étions tous dehors à le suivre des yeux car nous nous posions la question quant au plafond. Certains disaient 200 pieds, d’autres beaucoup plus, finalement nous l’avons vu longtemps après qu’il ait dépassé le seuil de piste ce qui signifie, vu le taux de montée du TB20, que le plafond était largement au-dessus des 500 pieds ce qui a rassuré ceux qui espéraient partir dans la journée.

Le TB20 ayant disparu dans les nuages au loin à l’est de Domme, il était temps de passer aux choses sérieuses. Puisqu’il était hasardeux de décoller en VFR pour entreprendre un voyage vu le plafond certes au-dessus des minima mais très bas et risquant d’accrocher le relief plus loin, tous les pilotes ont décidé d’un commun accord d’attendre l’après-midi. Il nous restait donc de nous occuper de choses plus concrètes, notamment le déjeuner. Jean-François, notre chef cuistot de l’aéroclub, avait prévu le coup, il a réuni les restes des repas des jours précédents, notamment les petits poids avec une touche d’asperges absolument délicieux, quelques carottes rappées agrémentés d’agrumes, le pâté au foie gras, du rôti de porc, fromages et tartes. Par contre il n’y avait plus de gâteau aux noix. Les goinfres, ils ont tout mangé la veille. Gérard en a profité pour mettre de l’ambiance en nous faisant chanter l’hymne aux chaussettes du grand manitou dans l’hilarité générale. Véronique une fois de plus s’est auto désignée chorus girl en chef.

Puis vers 15/16 heures la météo s’est nettement améliorée. Les pilotes des quatre RV restants ont décidé de partir, Sylvain en Ménestrel par contre à opté pour un départ le lendemain lundi et Jean-Marc, ayant des choses à faire/voir sur place, devait partir que mardi : premier arrivé/dernier parti. C’est ça assurer l’arrière garde.

Christian R. en RV8 était le premier à partir. Il nous a quand même gratifié après décollage d’un passage rapide à moyenne altitude, que c’est beau un avion en vol mais pas facile de photographié sauf équipement spécial. Une heure plus tard Jean M. également en RV8 décide de partir, destination Roanne, la météo s’étant nettement améliorée. Nous étions nombreux à l’accompagner à son avion mais chose que nous ne savions pas, il est équipé d’un fumigène pour la voltige. Donc, après mise en route du moteur, nous y avons eu droit, afin que nous nous souvenions bien de lui. Comme Christian, il nous a fait un passage mais avec le fumigène. Ça en jette.

Le troisième à partir était Bernard B. en RV6A, très joliment décoré, ses propriétaires précédents ayant fait un travail magnifique. Puis il restait le RV7A bleu de Cyril. Ayant de la famille dans le coin nous ne l’avons pas vu quitter le terrain, il a dû s’envoler le soir car le lendemain lundi son avion n’était plus là.

En fin d’après-midi dimanche pratiquement tous les participants ayant retrouvé leur foyer, notre rassemblement pouvait être considéré clos. Nous, les organisateurs côté VCF, Alain et Sylviane, Philippe et Marie-Pierre, Jean-Marc, Véronique et moi-même ainsi que Christophe B., qui devait partir le lendemain, nous sommes donnés RDV à Domme où nous avons diné au restaurant La Poivrière sur la place à côté de la Mairie. Excellent rapport qualité prix. Etant repus de par les bons plats de Jean-François et du diner de gala à La Villa Romaine, nous avons plutôt opté pour quelque chose de léger comme une salade aux gésiers et quelques pommes sarladaises accompagné de Bergerac blanc puisque nous devions faire honneur à la gastronomie locale, et en plus du gâteau au noix avec une petite sauce anglaise… finalement un diner pas si léger que cela aurait pu l’être, mais bon, nous étions heureux, en particulier puisque nous devions chacun de son côté renter chez soi.

Le lendemain lundi j’ai décidé de prendre mon temps avant de rentrer sur la région parisienne où j’habite. Vers 9h00, puisque Alain et Sylviane était dans le même hôtel que moi, le Plaisance à Vitrac, nous avons pris le petit dèj ensemble, discuté du rassemblement, ses points forts, ses moments mémorables, puis vers 9h30 nous nous sommes fait la bise, au revoir et à bientôt.

Ayant toute la journée devant moi j’ai choisi de faire un peu la touriste à Domme. Ayant repéré la boutique d'un fabriquant de couteaux Laguiole de Thiers, j’ai commencé la journée par en acheter un, un vrai, pas un made in China, pour mon gendre. Le couple qui tient la boutique, très accueillant, m’a tout expliqué, longueur de lame, le type d’acier, le fait que c’est du made in France et donc un SAV permanent, avec ou sans tire-bouchon, et surtout la grande diversité de bois de cornes pour le manche. J’en aurais voulu un en particulier, en genièvre dont le bois à un arôme qui perdure, très agréable et original, mais ils n’en avaient pas en stock. Ils avaient également une très belle collection de couteux haut de gamme très travaillés, absolument superbes. Finalement j’ai opté pour un Laguiole en ébène, donc un bois dense et noir, joliment fini. J’espère que mon gendre appréciera.


J’ai ensuite décidé de visiter la grotte qui se trouve juste en dessous de la place. Comparé au gouffre de Padirac c’est plutôt décevant mais il y avait quand même quelques belles stalactites et puis je me devais connaitre la grotte puisque je devais aller à Domme assez souvent cause de la famille qui possède une maison dans la région. Relaxe, très zen en attendant l’ouverture de la grotte, billet acheté à l’office du tourisme, je me trouve à côté du petit train, un tracteur qui tire trois petites remorques articulées assez confortables avec hautparleurs qui décrivent les rues, places, immeubles, tours, murailles… finalement assez instructifs. Sur le chemin je me mets à admirer la dextérité du conducteur. Les rues étant très étroites il arrive à négocier les virages à angle droit sans accrocher les coins de rues mais la distance entre les pierres des coins de rues et les wagons se mesurent en quelques centimètres.   Chapeau. En quelques mots, Domme est une bastide du temps des templiers. Chose intéressante ils furent incarcérés dans une des tours d'une des portes d'entrée principales de la ville pendant 17 ans après avoir été excommuniés cause trop puissants, trop riches, et leur institution une menace pour le roi. Une moitié a survécu. Le peu qu’on sait d’eux provient de la multitude de graffiti qu’ils ont gravés dans la roche lors de leur incarcération. Le petit musée de Domme relate tout ceci, également sur la place centrale, il mérite d’être visité.

Vingt minutes plus tard je suis hors de la ville, le petit train arrive au parking des bus. Débarquement de la quasi-totalité des passagers car ils rejoignaient leurs bus, camping-cars… mais je reste assise dans mon wagon et observe le va et vient des touristes sur le parking – un spectacle. Et là, une trentaine de japonais prennent le train d’assaut. Je pense que j’étais l’unique occidentale à faire le chemin du retour. Et quelle fut ma surprise, voilà le conducteur du train qui vient me voir et me demande si cela me dérangeait que les commentaires via les hauts parleurs se fassent en anglais ; j’ai répondu bien sûr que non car je comprends l’anglais, mais je me demande ce qu’il se serait passé si j’avais dit que j’aurais préféré que les commentaires soient en français. Je n’ai pas cherché à le savoir. De retour à la place centrale de Domme retour au restaurant la Poivrière où j’ai recommandé une salade de gésiers accompagné d’un verre de Bergerac – j’y ai vraiment pris goût – un rapport qualité prix excellent... J’adore ça. J’en ai profité car je savais que manger une salade de gésiers avec un verre de Bergerac blanc à Domme, ça devient une habitude. Ce n’est pas pareil que d’en manger une à Paris. Le cadre, la vue imprenable sur la Dordogne, l’architecture, la chaleur de la couleur dorée des pierres… Cette fois ci pas de dessert, seul un café. Il ne me restait plus qu’à prendre la voiture et faire un tour sur le terrain qui se trouvait à 5 minutes.

De retour à l’aérodrome vers 14h30 le désert. Personne. Je contourne le bâtiment de l’aéroclub et me dirige côté piste et oh que vois-je, Christophe B. et le Ménestrel sur le tarmac. J’arrive juste à temps car il devait partir dans les minutes qui suivaient. Ce fut pour lui comme pour moi un grand plaisir de nous retrouver, l’occasion d’échanger quelques souvenirs du rassemblement et de consolider un peu plus le lien qui nous unis de par notre passion commune avion et RV en particulier. La bise et au revoir avec promesse de se revoir prochainement puis je me suis éloignée pour qu’il effectue sa pré vol en toute sérénité, il faut faire cela sérieusement et ne pas être distrait puis dès qu’il était installé dans son cockpit, prêt à mettre en route, un dernière au revoir. Taxi vers la 28, décollage et un savoir vivre aviateur en guise de guide, il me fait un passage avec un petit battement d’ailes. Merci Christophe.

Une fois le Ménestrel évanoui dans les airs, je me suis retrouvée seule sur le terrain, un petit pincement au cœur, une pointe de nostalgie, mais sachant que Jean-Marc était toujours dans le secteur, il devait partir avec son RV4 le lendemain mardi, je l’appelle. Quelques échanges, il devait voir des gens, donc bises téléphoniques, au revoir et RDV à Vannes. Pour moi c’était vraiment la fin de quatre jours merveilleux. J’ai donc programmé mon GPS sur Go Home et pris le chemin, que je ne connaissais pas encore, qui passe derrière l’aérodrome. Cela m’a donnée l’occasion de faire une dernière photo où l’on voie à la fois la 10 et le hangar sur lequel est écrit Sarlat Domme.